Dans le dossier « L’esthétique Made in France » de Beauty Forum (avril 2023), Régine Ferrère, ardente défenseuse de la culture française de la beauté, ouvre à Anne-Sophie Gamelin les portes de sa mémoire et retrace l’histoire des grandes maisons nées au début du XXe siècle.
Ce qu’il faut retenir
La spécificité française : le soin sur-mesure
Les marques françaises se distinguent par leurs cosmétiques professionnels à l’usage exclusif de l’esthéticienne, notamment les mélanges extemporanés préparés en cabine selon un protocole précis. Ce soin sur-mesure fait la réputation des protocoles « à la française » dans le monde entier ; les produits vendus aux clientes prolongent ensuite le soin à la maison.
Les grands noms de la cosmétique
- Helena Rubinstein (1912) : premier institut de beauté à Paris, première école d’esthétique et classification des produits par type de peau, encore enseignée aujourd’hui.
- Dr Nadia Payot (1913) : soins devenus mythiques, gymnastique faciale et institut pionnier des soins électriques et aquatiques.
- Jeanne Gatineau (1932) : soins élaborés avec des dermatologues et école d’esthétique.
- Ella Baché (1936) : pionnière du diagnostic de peau et du soin sur-mesure.
- Yves Rocher, Jean d’Estrées et les sœurs Carita (années 1950) : la cosmétique végétale et la vente par correspondance, le rayonnement international de l’esthétique française, et le concept de beauté globale.
L’article rappelle aussi le lien entre ces maisons et l’histoire de la formation : les écoles Jean d’Estrées et Carita, reprises par Régine Ferrère, sont devenues en 2018 le Campus IBCBS de Chartres.
La cosmétique française en chiffres
En 2022, 19,2 milliards d’euros d’exportations de parfums et cosmétiques (source FEBEA) et, pour la distribution (instituts, spas, centres spécialisés), 56 021 entreprises et 45 491 salariés (source rapport de branche).
Source
Beauty Forum, n°62, avril 2023, dossier L’esthétique « Made in France ». Propos recueillis par Anne-Sophie Gamelin.



