Longtemps perçue comme un secteur discret, la filière beauté bien-être connaît une transformation profonde. Interrogée par Julie Mleczko pour Studyrama, Régine Ferrère, présidente de la CNEP, dresse un état des lieux du secteur, présente les métiers porteurs et partage sa vision de la beauté à l’horizon 2030.
Une filière face à cinq défis simultanés
- Conjoncturel : classée « non essentielle » pendant la pandémie, la profession a paradoxalement révélé son importance aux yeux des consommateurs. La cliente arrive désormais souvent « informée » par l’intelligence artificielle.
- Économique : inflation et baisse du pouvoir d’achat pèsent sur les soins, tandis que le « fait maison » progresse, jusqu’à l’épilation à la lumière pulsée avec des appareils grand public.
- Réglementaire : la filière doit s’adapter en continu aux règles européennes sur les cosmétiques et les dispositifs médicaux.
- Environnemental : la hausse du coût de l’énergie et de l’eau, et le réchauffement climatique, invitent à repenser consommations et consommables.
- Sociologique : le vieillissement de la population et l’attente du « bien vieillir » imposent d’adapter les routines de soins.
Une industrie de pointe, deuxième contributrice à la balance commerciale
Régine Ferrère rappelle que la filière s’organise autour d’un comité de filière réunissant la FEBEA, la Cosmetic Valley et la CNEP. Cette dernière fédère les marques de cosmétiques professionnels (UME), les fabricants de matériel (UMM) ainsi que la formation et la distribution (UPB), soit 1 450 adhérents et 7 100 salariés. Avec 22,5 milliards d’euros exportés en 2024, le secteur se place juste derrière l’aéronautique.
Les métiers porteurs et les formations qui y mènent
Le métier d’esthéticienne est réglementé : le CAP Esthétique Cosmétique Parfumerie en est la porte d’entrée, complété par le Brevet professionnel en alternance et le BTS Métiers de l’esthétique, de la cosmétique et de la parfumerie. Les besoins se concentrent sur les nouvelles technologies, le bien-être en spa, l’embellissement des ongles et du regard, et la dermopigmentation.
Conseils aux jeunes et vision 2030
Aimer prendre soin des autres, être à l’aise avec le contact physique, cultiver ses connaissances scientifiques et ses qualités relationnelles, parler anglais : tels sont les atouts mis en avant. Pour l’avenir, la présidente de la CNEP identifie quatre enjeux : la cliente « augmentée » par l’IA, la diversification des services entre soins holistiques et high-tech, une expérience client fondée sur l’émotion, et une formation repensée pour les générations Z et Alpha.
Source
Studyrama, interview de Régine Ferrère réalisée par Julie Mleczko, publiée le 20 août 2025.




