La CNEP communique, Chartres, 20 mai 2023
Le 28 avril 2023, l’Académie de médecine a publié un communiqué alertant sur le risque induit par l’utilisation de lampes UV pour la polymérisation des cosmétiques posés sur les ongles, soit pour les colorer, soit pour assurer les techniques dites de prothésie ongulaire.
Comme à l’habitude après ce type de publication, les réseaux sociaux se sont enflammés, chacun exposant son point de vue, souvent avant de prendre le temps d’analyser, de réfléchir et de trouver une réponse fiable qui permette à nos professionnels de travailler sereinement et d’assurer à la fois la protection des consommateurs et la protection des salariés.
Un peu d’histoire
En 2014, la CNEP a créé un comité d’experts pour écrire la norme AFNOR XP X50-831 afin de mettre à disposition de chacune des entreprises de la branche beauté bien-être un guide de bonnes pratiques professionnelles.
En 2021, lors de la crise sanitaire, la CNEP a élargi ce comité d’experts et réuni autour d’elle la FEBEA, la Cosmetic Valley, mais également des scientifiques, infectiologues, virologues, hygiénistes, des médecins, des spécialistes de la qualité de l’air, du rayonnement UV, des ondes électromagnétiques et un avocat en droit de la santé.
C’est grâce aux travaux de ce comité qu’au plus fort de la crise sanitaire, nous avons abouti à la publication de la norme AFNOR SPEC X50-1231 « Centres de beauté et de bien-être : exigences et recommandations pour l’hygiène et la prévention des risques sanitaires », qui a permis la réouverture de nos entreprises dites « non essentielles » en novembre 2021. Cette norme est citée dans la FAQ de la DGCCRF « Encadrement des soins esthétiques et de la coiffure ».
En 2023, ces mêmes experts travaillent à la réactualisation de la norme expérimentale AFNOR XP X50-831. En 2024, la CNEP et l’AFNOR s’impliqueront dans les travaux du nouveau comité technique européen CEN/TC 409, dont l’AFNOR assure le secrétariat et la France la présidence, par le biais de Régine Ferrère.
L’avis de nos experts AFNOR
Une lampe UV à tubes nécessite une exposition plus longue pour polymériser les vernis ou gels qu’une lampe LED/UV. Une lampe LED/UV concentre plus d’énergie sur la partie utile, donc sur les ongles : la durée du séchage est réduite et le temps d’exposition beaucoup plus faible.
Ce qui se passe réellement sur le terrain
Nombre de consommatrices n’utilisent le vernis semi-permanent qu’en période estivale. Pour les plus grandes consommatrices, la fréquence moyenne est d’une pose toutes les trois semaines, soit environ 15 fois par an. Le temps d’exposition de la main pour une prestation est de 2,6 minutes sous une lampe LED/UV, contre 8 minutes sous une lampe UV à tubes. Rapportée à l’énergie reçue par la peau en une année, l’exposition des mains aux LED/UV augmenterait, selon nos experts UV, de 1 à 2 %.
Sur la préconisation d’une crème anti-UV
L’arrêté du 20 octobre 2014 relatif aux appareils de bronzage impose d’afficher dans toutes les cabines : « N’utilisez pas de produits cosmétiques ni d’accélérateur de bronzage ». Les études montrent en effet que l’application de crème avant l’exposition hydrate la peau et favorise la pénétration des UVA dans le derme, augmentant le risque de cancer. La CNEP ne peut donc retenir cette préconisation et a alerté l’Académie de médecine afin qu’elle harmonise ses positions avec celles du ministère de la Santé.
Pour augmenter la sécurité des prestations
Les recommandations de nos experts
- utiliser des lampes LED/UV, dont disposent aujourd’hui la plupart des professionnelles de l’ongle ; ce sera une des obligations de la norme AFNOR XP X50-831 en cours de révision ;
- ne pas utiliser de crème solaire pour la polymérisation des vernis et gels ;
- protéger la main de la cliente avec un gant en nitrile découpé au bout des doigts, pour isoler la peau du rayonnement UV ;
- protéger les mains de la praticienne avec des gants en nitrile ;
- équiper les clientes placées face à la lampe de lunettes de sécurité en polycarbonate (EN 166 / EN 170) ;
- utiliser exclusivement des cosmétiques conformes au règlement européen, correctement appliqués, entretenus et retirés.
La CNEP et l’UPB travaillent en permanence avec les autorités de tutelle en charge de l’amélioration des conditions de travail et de la sécurité des consommateurs. La réactualisation des fiches « Prothésie ongulaire, santé au travail » est en cours avec l’INRS.
Lire aussi : le TPO désormais interdit dans les vernis semi-permanents, et découvrir le collège Embellissement des ongles de l’UPB.
Régine Ferrère, présidente de la CNEP, et Dominique Munier, président de l’UPB.



