Vocabulaire médical, promesses excessives, appareils mal encadrés : certaines pratiques font vite basculer une prestation esthétique hors du champ autorisé. Dans Les Nouvelles Esthétiques de juillet-août 2026, Régine Ferrère, présidente de la CNEP et vice-présidente de l’UPB, rappelle les règles essentielles pour exercer en toute conformité.
L’article, signé Doriane Frère, part d’un principe simple : exercer le métier d’esthéticienne suppose d’être titulaire au minimum d’un CAP Esthétique, et les référentiels des diplômes (CAP, BP, Bac pro, BTS) restent la première boussole pour savoir ce qui est permis.
Ce qu’il faut retenir
Des diplômes qui listent des actions, pas des appareils
Pour éviter que les référentiels deviennent obsolètes, les commissions ont choisi de décrire les types d’action autorisés (mécanique, thermique, électrostimulation, rayonnement, ondes…) plutôt qu’une liste d’appareils. Les établissements de formation doivent assurer une veille technologique et réglementaire.
Décrypter le discours des fabricants
La plupart des appareils relèvent désormais du règlement européen sur les dispositifs médicaux ; ceux utilisables en institut figurent à son annexe XVI. Une esthéticienne peut investir dans une technologie également utilisée par un médecin, à condition de ne pas employer de vocabulaire médical. Ces appareils devront disposer d’un marquage CE médical au 30 décembre 2028, et le fabricant doit former les praticiens à la mise en service.
Connaître les limites de son métier
- Pas d’effraction cutanée, de forte abrasion ni d’injection : ces actes sortent du champ de l’esthétique.
- Un diagnostic personnalisé est indispensable avant toute technologie, et une cliente dont la demande dépasse ce cadre doit être orientée vers un professionnel de santé.
- On parle de soins à visée esthétique, de beauté ou de bien-être, jamais de « traitement ».
- L’électrolyse reste réservée aux médecins, comme le rappelle la DGCCRF.
- La cryothérapie corps entier relève du médical ; la cryo-esthétique localisée, externe et sans effraction cutanée, est en revanche autorisée.
- Le drainage à visée esthétique figure dans les référentiels, à condition de ne pas agir sur les ganglions ni revendiquer d’effet thérapeutique.
Source
Les Nouvelles Esthétiques, numéro de juillet-août 2026, rubrique Vie pro. Article de Doriane Frère, avec Régine Ferrère.



